Diamond Crush Saga

7 mai 2016 § Poster un commentaire

Eve’s Chase

28 juin 2015 § Poster un commentaire

Moses’ Mountain

20 juin 2015 § Poster un commentaire

Très Grand Vide

1 novembre 2014 § Poster un commentaire

Comme si chacune de mes expirations manquait de me faire basculer dans le vide. Comme si mon être tout entier risquait d’être happé par cette dépression au fond de moi. Comme si mes tripes allaient d’un coup se détacher pour remonter au travers de mon tractus respiratoire puis s’extirper de mon corps par mes fosses nasales. Un moi déstructuré se mettrait alors à flotter dans un infini sans gravité ni lumière.

Mon TGV s’est arrêté au beau milieu de la nuit. La rame bascule soudainement d’un côté, un autre TGV file à toute allure sur la voie inverse. Le souffle provoqué par son passage est semblable à celui que je m’étais imaginé si le néant m’engloutissait.

J’ai le souffle court, et une forte odeur d’iode au bout de mes doigts.

Rester

24 décembre 2012 § Poster un commentaire

Elle me regarde, se trompe de prénom, rigole, se reprend, trébuche sur un mot, et part dans un fou rire. Je souris, mais à l’intérieur de moi, mon cœur se crève, et déverse son sang dans tout mon corps. Et juste avant qu’il ne s’écoule de mes yeux, je fonds sur elle et la serre très fort.

« N’importe quoi toi, hein ? Tu dis n’importe quoi ma mamounette ! « .

Maman où vas-tu ? Tu es jeune, encore pleine d’énergie et pourtant, tu te détaches du monde qui t’entoure et t’éloignes de nous.

Il nous reste ta tendresse, ton toucher, ta fragilité. Mais tes mots, tes pensées, ton regard se perdent. Nous sommes là pour les rattraper mais en vain, c’est nous-même que nous rattrapons, car là où tu nous entraines la pente est rude et glissante. À chaque pas que tu fais vers l’inconnu, on s’adapte, on cherche des solutions, on glisse, on se rattrape… On pense trouver un équilibre, mais tu fais un autre pas. Et puis un autre. Et l’on se retrouve à former une chaine humaine pour rester au plus près de toi. Mais comment rester auprès de quelqu’un qui s’en va inexorablement ? Comment savoir jusqu’où rester sans craindre de basculer ? La vie est ainsi faite m’a-t-on dit, certains partent, d’autres restent. Mais de qui parle-t-on au juste ? Je ne suis pas de ceux qui partent dans l’adversité, mais je ne suis pas de ceux qui restent dans la fatalité.

Je sais bien que tu n’y peux rien. Je me convaincs que nous n’y sommes pour rien. Mais comment se convaincre que nous ne pouvons rien ?

Tu es de plus en plus belle, tu sais ? Papa le dit souvent, tu sembles rajeunir.

J’ai parfois envie de quitter le travail et venir te rejoindre pour profiter. Profiter du temps, profiter des heures, et les compter avec toi. Te les rappeler et te les chanter. Mais tu sais que je dois continuer à avancer. Alors on se relaie. On se donne du souffle, on se fait aider et on continue de vivre.

Je ne suis pas toujours là mais je t’aime maman. Je t’aime profondèment. Personne ne pourra m’ôter cette peine, mais rien ni personne ne m’enlèvera non plus ni l’amour ni les valeurs que tu m’as transmis.

Je suis un homme maintenant tu sais. Un homme qui a appris à pleurer depuis qu’il sait encaisser. Et j’encaisse maman ! Je suis fort !

The Poet’s Act

7 avril 2012 § Poster un commentaire

Écrire. Je veux écrire sur tout. Sur les feuilles qui frémissent sous le vent, sur le vent qui lèvent nos regards vers le ciel. Je veux écrire sur pourquoi j’écris, sur ce qu’il adviendra de ces mots dont je me sers pour capturer les pensées qui fusent dans mon esprit. Ces mots qui nous nourrissent et nous inspirent à nouveau d’autres pensées.

Poser des mots sur tout ce qui nous entoure et nous touche. C’est reconstituer le puzzle de ce que je suis, de ce que nous sommes, de ce qui fait l’homme. C’est appartenir et posséder, être et demeurer.

Je veux écrire sur les autres, sur ce qui les fait vibrer, sur ce qui les affecte. Je veux écrire sur les émotions enfouies, celles d’instants éphémères mais ordinaires. Je veux écrire sur le couple qui se regarde mais ne se comprend plus, sur le désir d’une femme de porter un enfant quand elle voit celui d’une autre, sur le pincement du célibataire qui croise le chemin d’amants enlacés. Je veux écrire sur le bonheur d’une mariée, la fierté d’un père, l’impuissance d’un malade, la douleur d’une mère qui perd un enfant, la solitude des uns, la détresse des autres, la bonté d’une femme, la folie d’un homme.

Ou devrais-je peut-être commencer par le récit de mon échec. Celui qui sera de n’avoir pu tout décrire. Parce que la vie ne cessera de me surprendre, plus vite qu’elle ne me fera comprendre. Mais je la poursuivrai, je la harcèlerai de mes questions, l’assènerai de mes mots. Elle m’inspire et m’obsède pour que je la charme et la traque. Je cours derrière elle comme un pantin qui s’agite sous les fils de son marionnettiste.

Mais elle me dit aussi d’être un guide, et d’entrainer dans ma course folle toutes celles et ceux qui m’entoureront. Elle me dit de tendre les bras et d’ouvrir les mains en toutes circonstances. Et moi je me dis qu’il y a tant de personnes… Je me demande à qui donner. Qui accompagner ?

Je peux donner à ce gars qui ne sait pas ce qu’il vaut et ce dont il est capable, je peux montrer à cette mère tout l’amour que je lui porte au-delà des mots et des gestes, je peux parler à cet homme aux convictions balayées et lui dire que seules les valeurs comptent, je peux parler à cette fille aux idéaux chahutés et lui dire qu’un jour ils changeront le monde, je peux parler à ce jeune qui pense en avoir finit avec la vie parce qu’il ne peux plus faire avec, je peux consoler un mari faisant face à la maladie. Je peux dire à cet employé que les frictions valent mieux que les frustrations. Je peux parler à ce garçon seul au fond de la cour, lui dire que s’il ne se sent pas à sa place c’est seulement parce qu’il voit les choses différemment, qu’il ne doit pas disparaitre mais s’intégrer pour partager sa vision.

Je veux dire à tous ceux qui ont besoin de se sentir à nouveau exister en créant l’émotion, en attirant l’attention, je veux dire à ceux-là que je les comprends et que même en prise avec la plus aliénante des vies, il y a un moyen de se reconnecter avec l’humain. Le regard. Pas celui que l’on porte sur les gens au quotidien et qui ne les identifie plus que comme des masses en mouvement qu’il faut éviter poliment. Non, le vrai regard, celui qui s’allumerait si demain je te bousculais exprès, si j’allais chercher ta main dans le métro bondé, si je te volais un baiser ou encore si je t’enlaçais. Le regard qui rétablit une connexion, qui suspend dans le vide de la solitude un pont entre deux humanités. D’aussi loin que l’on porte son regard, on considère l’autre. Le regard est une ancre que l’on largue dans l’espoir qu’elle accroche quelque chose, qu’elle touche quelqu’un. Mais il peut se passer des jours et des semaines sans que l’on établisse de vrais contacts. L’ancre glisse sans fin sur le fond et l’on ne s’amarre jamais pour se ravitailler en humanité. On dérive alors sans repères ou bien l’on sombre avec pour seule émotion, la stupeur face à la noirceur des bas-fonds.

Pour autant, il peut être parfois délicat d’ôter ce filtre apposé à notre regard, de se soustraire à ce qu’il instaure ; la conscience différée d’une vie trop intense pour la subir constamment, trop complexe pour l’appréhender telle qu’elle est réellement, trop absurde pour l’accepter telle que nous la vivons à présent. Ainsi la vie nous est rendue plus digeste par la censure d’émotions et le floutage d’instants, mais les visages sont alors moins présents, les regards moins pénétrants. 

À nous d’apprendre à raviver ce regard, pour ne plus dire simplement avec les mots mais avec les yeux que tout ira bien, que l’on sera là pour lui, pour elle, pour eux. Pour lui dire « Vas-y, tu peux le faire« . Lui dire « Je suis là, ne t’en fais pas« . Lui dire « Quoiqu’il arrive, rappelle-toi« . Lui dire « Saute, n’aie pas peur« . « Grimpe sur mes épaules« , « Prends ma main« , « Ouvre les yeux« , « Regarde-moi« , « Pleure« , « Avance« , « Merci« , « Je t’aime« , « Tu es belle !« .

J’aspire à une prise de conscience collective motrice d’une envie d’agir. Mais le temps m’est compté pour exécuter un projet dont ni le cadre ni le champs ne sont à ma portée. Je ne suis pas préparé… Et s’il ne devait jamais y avoir de conscience collective, alors je partirai déçu. Déçu de ne pas avoir pu, de ne pas avoir su. Créer plus de liens, ouvrir plus d’yeux, aider plus d’Hommes, changer plus de choses.

Être là pour tous. Tout ressentir. Et puis tout écrire.

C’est le programme de ma vie. Une ambition tenue secrète jusqu’alors pour ne pas paraître impudique, un rêve sans doute partagé mais qui ne se partage pas. Je vous répèterai donc que je rêve de hautes fonctions, d’une belle maison et à d’autres, simplement d’amour et de bonheur. Mais alors vous saurez.

Post’liminaires

30 janvier 2012 § Poster un commentaire

Nous ferons l’amour plusieurs fois ce soir-là.

On se retrouvera sur le dos pour reprendre nos esprits et contempler le plafond. Je laisserai sans doute échapper un petit rire. Tu me demanderas encore essoufflée « qu’est ce qu’il y a ? ». Je te répondrai qu’il n’y a rien, avant de me reprendre avec un « je suis bien », et de compléter par un « …avec toi ». Tu retourneras ta tête alors vers moi pour me sourire.

Je basculerai ensuite sur le flanc pour te regarder, accoudé, ma tête dans la main. De l’autre, je dégagerai ton front de tes cheveux collés et t’y déposerai un baiser. Un autre sur la tempe, et un autre au coin de tes lèvres. Je t’embrasserai ensuite dans le cou… D’où mon doigt partira en expédition pour parcourir ton corps. Il glissera de ton décolleté jusqu’à la naissance de tes seins, d’où il se jettera chassé par mes lèvres. Il contournera leur galbe pour reprendre sa route vers ton nombril, où là encore sa halte timide se verra écourter par l’ombre de ma bouche planant au-dessous de tes courbes.

Les autres doigts de ma main le retrouveront enfin pour plonger ensemble sous l’une de tes fesses puis remonter ensuite le long ta cuisse. Et je t’embrasserai à nouveau. Bouches collées, nous roulerons sur le matelas jusqu’à ce que tu te retrouves sur moi. J’attraperai alors la couette pour la remonter jusqu’à tes frêles épaules pendant que tu caleras avec soin le coussin derrière ma tête.

Nous serons bien… Nous l’avons fait mille fois.

Mais comment t’appelleras-tu ce soir-là ?

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