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17 septembre 2008 Commentaires fermés sur (…)

J’ai croisé une femme dans le métro. Son regard plongeait dans le vide. Ne réalisait-elle pas encore ce qui lui était arrivé ou évitait-elle de croiser le regard d’un voyageur de peur de se le voir rappeler ?

Elle savait pourtant qu’elle ne pouvait se cacher aux yeux de tous, c’est ce qui la rendait si fragile, si délicate, si… pathétique.

J’essayais d’adopter la même attitude afin de ne pas créer d’interférence dans son environnement, celui auquel elle sera confrontée pour une durée indéterminée. Je me laissai glisser sur le strapontin, posai ma tête contre la barre en métal froid et vidai mes yeux de toute pensée.

« Tu portes un pull Ralph Lauren, imbécile ! « .  Celle-là, je ne pus l’éviter.

Qu’espérais-je ? Rentrer en contact avec elle, échanger un sourire ? De soutien ou de pitié ? Aurait-elle vu un tant soit peu la différence ?

Son long manteau en fausse fourrure noire s’arrêtait un peu plus bas que ses genoux et laissait apparaitre un bas en coton gris que de vieilles pantoufles bleues avaient grignotées au cours de ses errances.

Une bague ornée d’une grosse pierre verte au doigt. Le vert… Celui de l’espérance. Des doigts maquillés d’un rouge écaillé qu’elle grattait machinalement comme si cette couleur-là appartenait désormais à une époque révolue. Un foulard multicolore qu’on aurait dit posé autour de son cou pour encadrer la lourde croix qui y pendait, comme si ses propres problèmes ne suffisaient pas.

Un dernier regard, je pensais déjà que j’écrirais quelques mots… Villiers. Je descends.

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Méta