BEYROUTH

23 novembre 2008 Commentaires fermés sur BEYROUTH

Dieu seul sait que j’ai eu du mal à écrire sur toi… Pas à écrire en fait, car j’ai bien une dizaine de notes à ton sujet mais aucune n’est sensée, construite ou compréhensible. C’est aux travers de ces écrits disjoints, ces brouillons, ces moutures et derniers jets, qu’il se dessine finalement ton portrait.

Portrait d’une ville que la Terre elle-même n’aurait jamais pensé porter. Ville en perpétuelle et impétueuse vie, tu refuses de disparaître. Terres et mers, foudres et foules peuvent s’abattre sur toi, qu’importe, tu te joues de cela. Aussi complexe qu’un cerveau, on y explore le paysage mental de l’homme, avec ses zones en destruction et reconstruction. Multiple et imprévisible, tu es dotée d’une intelligence émotionnelle qui s’ajoute mais plus souvent se substitue à celle de tes habitants. Jamais une ville n’aura eu autant d’influence sur ses citadins, tu te greffes en établissant les connexions de l’instant qui nous font alors penser et agir comme un seul et même être.

L’on t’a vue dans tous tes états sinon l’on n’a cessé d’entendre parler de toi. Tu es obsédante, envahissante, tentaculaire et spectaculaire. Tu es la splendeur de l’homme que l’on couronne un soir, la stupeur de celui que l’on détrône la nuit et l’horreur de l’autre que l’on abat à l’aube. Tantôt Beyrouth Martyre, tantôt Beirut City, tu as placé un capital dans le cœur des beyrouthins que tu macères dans l’eau de rose puis extirpes dans une violence en prose. Et l’on ne sait plus qui prend à chaque coup dur, quand déjà tu te relèves dans notre sang impur et nous condamnes à nous redresser blessés et meurtris et à te suivre encore pour une autre vie.

Au carrefour des civilisations, des communautés et des traditions, la débâcle des sentiments raisonne aux quatre coins de la nation ; et au delà de toutes démarcations, affecte ou délecte tout homme qui te ressemble et te respecte. Ville d’Orient indécise, qui par tous tes excès nous épuise, ton indépendance acquise, tu nous la dois sans lyses. Appartiens-nous plus souvent que l’on se repose un instant dans un lit, sur un banc, au bord du Liban.

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