et nos mains partent en arrière

19 septembre 2009 Commentaires fermés sur et nos mains partent en arrière

C’est l’air pressé, préoccupé que je descends l’Avenue Percier. Comme l’on se doit de marcher lorsque l’on vit dans une grande capitale. Une façon d’y légitimer sa place, il faut savoir paraître important. Je ne laisse aucun répit à mon caban qui lutte contre le vent pour avancer. Froncer les sourcils n’est pas un problème en cette matinée ensoleillée de mai.

Je me la pète et je fais bien, parce que voyez-vous à cet instant précis, la voilà qui remonte au coin de la rue. Un dernier regard dans les yeux d’un passant : c’est bon, je suis bien.
Tu arrives à mon niveau ; Et comme à chaque matin, à chaque pas qu’il m’ait donné de faire à tes côtés, à chaque fois que ma main part en arrière dans un mouvement de balancier, elle s’écarte de sa trajectoire habituelle comme attirée par tes déhanchés et chacun de mes doigts se déplie alors dans une tentative discrète mais bien désespérée d’effleurer un bout de toi, un bout de tes pensées.

Mais en vain, tu m’échappes encore. Et je ne peux que profiter les yeux fermés, de l’air brassé par ton passage qui me revient comme un doux message… ‘À demain’.

Je suis en retard.
Je scrute la foule.
Puis dévale l’avenue en fondant sur toi.
Fauchant poubelles et passants !
Ta main part en arrière… Je la saisis fermement !
T’entrainant dans ma course folle !
Une femme hurle, les flics accourent !
Le feu est vert, un fourgon à toute allure… !

À déjà cent mètres du sol… Le vent, le ciel, les nuages…
Le klaxon ne retentit plus que dans un lointain souvenir.
Je te hisse jusqu’à mon cou.
Tu me regardes et me souris… ‘ Enfin ‘

Paris… la France… la Terre semble si petite.
Tu t’endors sur mon épaule.

La route est longue.
Je te réveillerai lorsque nous y serons.

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