Les roses de Musset

24 juillet 2010 Commentaires fermés sur Les roses de Musset

De mon piédestal au bord de l’Allée de la Comtesse de Ségur, je surplombe la plus vaste étendue de ce que l’on appelait autrefois la « Folie de Chartres ». Sanctuaire de verdure, le Parc Monceau fut dès son ouverture, un lieu de promenade prisé de la grande bourgeoisie du quartier. Cerné des plus beaux immeubles haussmanniens et hôtels particuliers du Second Empire, l’émeraude n’a rien perdu de son éclat dans son écrin d’ivoire.

Aux abords de la naumachie, le reflet dans l’eau des déjeuners sur l’herbe ravive les toiles des peintres impressionnistes. Redingotes et ombrelles, canotiers et complets trois-pièces ont disparu pour des tenues plus aériennes. Sa colonnade corinthienne à qui tant de secrets furent confiés, offre désormais un cadre d’exhibition olympique aux athlètes se pavanant en demi nu héroïque.

À l’arrière de massifs pittoresques embaumés, les échancrures de quelques parisiennes laissent dévoiler courbes et rondeurs prenant une tournure affriolante ainsi découvertes et perlées de sueur. Elles me renvoient aux formes voluptueuses des sculptures de marbre qui ponctuent et ornent les pelouses vallonnées du Parc.

Sous le buste de l’ami Maupassant, les flâneurs s’alanguissent sur les bancs et les amants s’entrelacent dans une moiteur fusionnant les corps et les fantasmes.

La lune d’août s’élève et bientôt le vent d’automne soufflera mes plaisirs d’un jour. “ J’ai fait serment de vivre et de mourir d’amour ”, à la première feuille qui tombe je m’abandonne.

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